le 28 janvier 2005 je me suis mise à croire à l'astrologie, à l'amour et à tout plein de choses auxquelles je n'avais jamais même porté attention. je me suis mise à croire à des choses choisies arbitrairement parmi les grands thèmes offerts par notre condition, parce que plus rien n'avait de sens. je ne comprenais plus rien ; pourquoi l'aube se levait et dans quel sens, pourquoi le coeur n'était pas un organe volontaire, pourquoi et quand finissait-on de naître. le 28 janvier 2005, c'était il y a trois siècles. depuis, j'ai vu apparaître des continents, j'ai gagné des guerres. l'univers s'est incliné très légèrement, les étoiles se sont mêlées et je suis devenue ascendant balance, j'ai enfanté un ciel. cela ne change rien à mon bonheur, à part peut-être que j'ai maintenant une robe de lumière, des chansons et des mélancolies qui fleurissent au bout de mes doigts, et quelques chaises, quelques amis de plus dans mon salon.
il m'arrive encore cependant, comme ce soir, d'avoir peur soudain que le 28 janvier 2005 ne soit pas encore passé minuit, qu'il s'attarde dans quelque racoin de ma maison. sous la douche, tout à l'heure, la mémoire était éclair lame brève, je me suis vue sous son couteau de langue morte, sa parole métallique. tout ce que je suis de mer mourait dans le bain, devenue toute petite, assez pour passer par le trou grillagé.
une année de trois siècles n'est-elle pas assez pour dissoudre les poèmes mortels qu'il m'a écrit?
encre, poison, mer noire, dans les veines.
peut-être aimer était un vent froid dans les entrailles, par où la mort est passée. mort insufflée, sein soudain vide. car parait-il l'accueil se fait lorsque la fin le permet. et ainsi de suite.
je suis à reculons, une vitesse lumière qui se dénoue, qui s'éparpille en ramassant des morceaux de temps. ou d'éternité peut-être; je ne le saurai jamais. mais peut-être que ce ciel me permettra d'y percer quelques étoiles, et que les jours mêleront enfin leurs lumières à la nuit.
il m'arrive encore cependant, comme ce soir, d'avoir peur soudain que le 28 janvier 2005 ne soit pas encore passé minuit, qu'il s'attarde dans quelque racoin de ma maison. sous la douche, tout à l'heure, la mémoire était éclair lame brève, je me suis vue sous son couteau de langue morte, sa parole métallique. tout ce que je suis de mer mourait dans le bain, devenue toute petite, assez pour passer par le trou grillagé.
une année de trois siècles n'est-elle pas assez pour dissoudre les poèmes mortels qu'il m'a écrit?
encre, poison, mer noire, dans les veines.
peut-être aimer était un vent froid dans les entrailles, par où la mort est passée. mort insufflée, sein soudain vide. car parait-il l'accueil se fait lorsque la fin le permet. et ainsi de suite.
je suis à reculons, une vitesse lumière qui se dénoue, qui s'éparpille en ramassant des morceaux de temps. ou d'éternité peut-être; je ne le saurai jamais. mais peut-être que ce ciel me permettra d'y percer quelques étoiles, et que les jours mêleront enfin leurs lumières à la nuit.

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