a las cinco de la tarde

séville est ivresse ses yeux de paillettes déchiquetées de taureaux
en plein jour titubante éperdue et féroce
rauque est la gloire des nuits liquoreuses
tous à vivre un seul cri
à cinq heures du soir l'épée dans le flanc
du coeur coulera noire une robe de soie rouge
mourir au crépuscule est chose fréquente
quand on ne distingue plus le sang du vin
l'agonie le désir
séville reste roche dure impénétrable
en elle le soleil s'effondre, les rues prennent feu
elle porte boucanes aux doigts de ses femmes
arrogantes closes métalliques leurs crinières
coupes aveuglantes aux lèvres amères
il n'y a rien à dire séville se tait
ses yeux sont des rubis arrachés au vainqueur
ses printemps sèment la sécheresse, fleurs de sable
qui ne tiennent qu'aux cheveux, au zénith, à l'instant
qui égratignent chaque regard porté sur elle

7 Comments:
bon hein
j'essaie des affaires
et j'ai hâte de partir crever à séville
L'Espagne et le voyage t'inspirent en effet de superbes lignes. Ça transpire le rêve et la liberté; pour ne pas dire la libération. Bravo.
et bien coyote, vous avez le nez fin
ma ration quotidienne de libération va au-delà de mes espérances, ces jours-ci
merci
Ouah! C'est Manoleto qui doit lever le menton. C'est magnifique ça! "En elle le soleil s'effondre, les rues prennent feu" Quoi dire de plus? Et: "ses yeux sont des rubis arrachés au vainqueur". Exquis!
J'y vais tout de suite.
wow. en effet.
de splendides vers vous avez là
messieurs, merci
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