notes pour une lettre remise à plus tard
je vous donne ici ce qui n'a pas encore été pris dans cette glace définitive des murs à l'aube et au crépuscule en nous
parce que je suis assez jeune pour encore me permettre d'espérer
et peut-être qu'un jour je deviendrai plus jeune encore
je vous donne quelque chose que vous m'avez déjà pris, donc ici il n'y a qu'espace et possible
et le blanc a cette profondeur pleine et maléable de l'absence
votre absence
adieu et encore
dois-je me taire pour vous le dire
adieu nous étions si libres
avant de nous aimer
*
il m'arrive de me dire que j'ai fait une grave erreur
que peut-être ce n'est pas vous que j'ai oublié mais toute une vie
et que l'aube ne viendra plus
il me semble je ne suis belle que lorsque qu'on me voit mourir
mais vous n'êtes plus là
et soudain j'ai peur
*
en quittant vos gestes et votre voix ont creusé un lieu où j'habite maintenant quand les jours sont pluvieux quand l'hiver ne tient plus la tristesse est partout
un lieu qui a cette couleur que prennent les jours de l'enfance lorsqu'on réalise que vieillir n'est peut-être pas devenir autre chose, mais perdre un peu de soi, un peu partout dans les rues et les coeurs et l'espoir
une couleur trop belle
et pourtant elle est morte nous l'avons vu mourir
votre absence a la qualité d'un lac immobile, la nuit
toutes les histoires silencieuses qu'il contient
dont nous n'aurons jamais vent parce que nous n'appartenons pas au même monde
je vous nomme et le soir devient cette profondeur blanche pleine de vous qui n'y êtes plus
et je suis seule à écrire
parce que je suis assez jeune pour encore me permettre d'espérer
et peut-être qu'un jour je deviendrai plus jeune encore
je vous donne quelque chose que vous m'avez déjà pris, donc ici il n'y a qu'espace et possible
et le blanc a cette profondeur pleine et maléable de l'absence
votre absence
adieu et encore
dois-je me taire pour vous le dire
adieu nous étions si libres
avant de nous aimer
*
il m'arrive de me dire que j'ai fait une grave erreur
que peut-être ce n'est pas vous que j'ai oublié mais toute une vie
et que l'aube ne viendra plus
il me semble je ne suis belle que lorsque qu'on me voit mourir
mais vous n'êtes plus là
et soudain j'ai peur
*
en quittant vos gestes et votre voix ont creusé un lieu où j'habite maintenant quand les jours sont pluvieux quand l'hiver ne tient plus la tristesse est partout
un lieu qui a cette couleur que prennent les jours de l'enfance lorsqu'on réalise que vieillir n'est peut-être pas devenir autre chose, mais perdre un peu de soi, un peu partout dans les rues et les coeurs et l'espoir
une couleur trop belle
et pourtant elle est morte nous l'avons vu mourir
votre absence a la qualité d'un lac immobile, la nuit
toutes les histoires silencieuses qu'il contient
dont nous n'aurons jamais vent parce que nous n'appartenons pas au même monde
je vous nomme et le soir devient cette profondeur blanche pleine de vous qui n'y êtes plus
et je suis seule à écrire

2 Comments:
Nous sommes toujours seuls à écrire, mais rarement de cette qualité.
wow.
"je vous donne quelque chose que vous m'avez déjà pris, donc ici il n'y a qu'espace et possible et le blanc a cette profondeur pleine et maléable de l'absence"
j'aimais beaucoup ce passage... et à la fin, c'est d'une finesse lorsque vous refermez la boucle avec cohérence:
"je vous nomme et le soir devient cette profondeur blanche pleine de vous qui n'y êtes plus et je suis seule à écrire"
votre plume est d'une finesse...
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