poème pour mon père
je connais tes promenades
tes lents chemins bordés de peupliers
quand paisible tu discutes avec la mort
quelques noix dans tes poches
devant toi l'opaque rien
sur lequel tu dessines des montagnes
que tu montres du doigt
à la mort
regarde, la mort, comme elles sont belles, les montagnes que je souhaite
elles sont comme ça, oui
presque
t'arrive-t-il jamais d'arriver
t'arrive-t-il de reconnaître un arbre
un caillou
un courant d'air peut-être
qui te fait arriver
à être
ici et maintenant
tout ce que tu as été
d'hommes
en brisures
je te connais
tes doigts font rouler les noix dans tes poches
et très loin tu vois des montagnes
tes lents chemins bordés de peupliers
quand paisible tu discutes avec la mort
quelques noix dans tes poches
devant toi l'opaque rien
sur lequel tu dessines des montagnes
que tu montres du doigt
à la mort
regarde, la mort, comme elles sont belles, les montagnes que je souhaite
elles sont comme ça, oui
presque
t'arrive-t-il jamais d'arriver
t'arrive-t-il de reconnaître un arbre
un caillou
un courant d'air peut-être
qui te fait arriver
à être
ici et maintenant
tout ce que tu as été
d'hommes
en brisures
je te connais
tes doigts font rouler les noix dans tes poches
et très loin tu vois des montagnes

3 Comments:
Touchant.
Peut-être est-ce un peu comme l'envers de ce rôle traditionnel social qu'ils ont eu à tenir, celui de nous projeter dans le monde ?
Encore une fois
un vent d'printemps
pour qu'l'âme guérisse de ses blessures
au moins pour être sûr
qu'la mort n'tue pas avant son temps.
c'est toujours le printemps
au coeur de mon père
à l'âme grande
le fardeau du corps n'est rien
elle lui laissera le temps, la mort
il la connait bien
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