smoky attitude

-je me sens trash
-c'est quoi ça trash? genre déprimée?
-non, genre faites-moi pas chier
j'ai la petite mort au bout des lèvres
qui boucane l'air de rien
c'est quoi une clope finalement
une rallonge du désespoir
une tunnel compact où se cachent les déportés de la vie
une petite lumière qui tient pas le coup
7 minutes avant de crever
un nuage au fond de la gorge
un suicide remis à plus tard
un petit concentré de nuit portatif
un ciel pluvieux en 45
un bonbon de goudron qui s'envole comme une plume
un train à vapeur qui passe entre les lèvres entre les cils
un total look quand tu sais comment la tenir
un doigt d'honneur à la solitude
une impression d'être inspiré avant d'expirer
un brouillard qui épaissit le silence et le doute
un abandon
une façon classe d'envoyer chier sans dire un mot
un prétexte à craquer une allumette faire claquer un zippo
jouer avec le feu
un sein qui a des montées de scotch
une fin du monde à petit feu
une surdose de réel dans les poumons
un long désir injecté sans respirer
une envie d'écrire en faisant de la boucane
une prolongement de la mort
en allongeant les heures
il est tard, non?
ma clope est finie

17 Comments:
eh qu't'es donc trash ! ;)
fais pas chier
poupée
Cette danse avec la «smoke» c'est une «tabatto» ?
Au risque de recevoir votre fumée, je proposerais d'enlever les deux derniers vers, inutiles.
Mais le reste est bon bon (j'aime beaucoup « un petit concentré de nuit portatif »), il intéresserait même le ministre Couillard.
tiens, mr. gregor, vous savez que vous êtes le premier en un an d'écriture et de blog à me faire une critique?
j'apprécie énormément, normalement ici, on ne me laisse soit rien du tout ou des petites extases (et certianes autres choses, mais passons :) ).
j'avoue qu'il est difficile de critiquer un poème, moi-même je ne m'y aventure jamais, car poser un jugement suppose qu'on a compris l'intention et le geste de l'auteur ( qui dans mon cas est toujours inconscient), mais votre critique, au contraire, me semble simplement une appréciation, une idée, un sentiment spontané face à l'écrit et ce dont vous aviez envie/anticipé à sa lecture. d'autant plus que dans mon cas, le blog est un exercice d'écriture automatique et que souvent je ne réfléchis pas du tout ni avant, ni pendant, ni après l'écriture.
alors merci
continuez!
ce qui m'intéresse, cependant, au delà de savoir si j'aime ou pas les deux derniers vers, c'est pourquoi, ou en fait, qu'est-ce qui vous a dérangé en ceux-ci? le ton? c'est étrange car j'avais effectivement terminé le poème juste avant et j'ai senti le besoin d'y ajouter quelque chose, incertaine quant à la fin. ces deux vers sont donc effectivement un peu forcés.
je commence à peine à "assumer" un travail d'écriture (en fait, ça date d'hier soir; pour la première fois, j'ai travaillé un de mes vieux textes pendant plus d'une heure!), alors ça vous embête si je vous bombarde des questions? :)
lili : c'est le thème du prochain stage en août; je vous enseigne comment incarner carmen, tragique, une clope au bec un verre dans le nez, et rester a compas
Mais pas du tout !
Ces deux vers brisent la lancée poème, le désavouent même. Il semble anodin (la cigarette, quoi de plus banal ?), mais nous parle de mort (« j'ai la petite mort au bout des lèvres [...] un suicide remis à plus tard [...] un prolongement de la mort / en allongeant les heures »), et pas la mort « banale » du cancer de la plèvre. Selon moi, la brisure n'est pas heureuse - ici -, cette fausse nonchalance ressemble davantage à l'expression d'une gêne envers ce vers quoi le texte pourrait vous emmener.
*
Je ne fume pas, mais je connais bien des gens (dont une couleur de lune) qui fument en écrivant et qui, quand ils essaient d'arrêter la clope, ont de la difficulté à reprendre la plume, comme si la fumée avait été leur encens mystique, comme si la braise hypnotique avait été ce qui les élevait aux hautes sphères de la pensée (j'arrête de déconner). Morale de l'histoire : pour écrire longtemps, écrire à jeun.
*
J'explore vos archives (très fournies, continuez comme ça, je vous envie d'écrire tant) quand j'ai une minute de libre. Je vous en reparlerai d'ici un mois (je m'en donne large). Beaucoup de choses me plaisent, je devrais prendre des notes.
Vous m'avez compris, Marie, mon commentaire était une idée lancée, une question (je devrais d'ailleurs formuler mes commentaires ainsi), une envie de discuter du côté formel. Cette blogosphère, du moins ce que nous (au sens large de vous et moi et des gens à qui mènent nos liens) en faisons, ressemle à un gros atelier d'écriture, alors ne nous gênons pas (mais un peu quand même). Maridan' et Flamel s'en sont d'ailleurs donné à coeur joie, hier soir, chez moi.
Je vous laisse en espérant vous avoir répondu.
Au plaisir, donc.
« Rester à compas », c'est un terme de danse ? Dans le dictionnaire, je découvre qu'un compas d'épaisseur s'appelle aussi un « maître-à-danser ». Je prends des notes...
là vous touchez un point, m. gregor. j'ai écrit, sur ce blog, je crois, que toute critique devrait être faite sous forme de question. je crois d'ailleurs que c'était lors d'une discussin "live" avec notre chère maridan.
pour ce qui est des vers, vous m'étonnez vraiment, car effectivement, je n'assumais pas bien ce texte et j'ai hésité à le poster. vous sondez mon âme!
le compas est une mesure rythmique en flamenco. rester a compas signifie "on time", "tight", sur le rythme, quoi.
Je n'ai pas grand mérite, j'ai reconnu ce qui chez moi était un tic (c'est devenu maintenant plus pernicieux, ce n'est plus une facétie finale qui vient tout jeter à terre, ça se loge désormais au coeur même des phrases, c'est plus exigeant).
Merci pour la définiton, je trouve que c'est une belle expression.
La critique sous forme de question, vous avez raison, c'est essentiel, surtout avec des gens qu'on ne connaît pas, dont on ne sait rien, qu'on ne voit même pas.
plus exigeant?
Oui, parce que c'est bien beau l'ironie et l'auto-dérision (la mienne ou celle du narrateur), mais il ne faut pas que ça devienne mécanique. Plus exigeant de tenter de distinguer entre sincérité et facilité. Comme si la fiction ou le poème cherchait à se saboter.
ah oui d'accord, je vois
mais dans ce cas-ci, je ne crois pas qu'il s'agissait de sabotage. c'était plutôt un clin d'oeil au fait que j'avais pris le temps d'une cigarette pour écrire le poème
Marie, laisse les deux derniers vers.
Living-dead superstar
mister dead, j'adore votre façon de déposer vos mots ici
je vous imagine écrire ça avec une gueule de western spaghetti
je laisserai ces deux vers juste pour vous
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