8.7.05

jalouse des paumés à la plume sale

je me trouverai bien un jour
la pupille agonisante
parmi tous ces livres que j’ai négligé de lire
par entêtement à devenir plus misérable qu’on me l’avait promis
à devenir tellement sale de quotidien
de superstitions cheap
de sublimes envolées qui ne sont que libertés d’occasion

mais de quelle misère s’agit-il?

clouée j’aimerais me dramatiser paper-back jauni abandonné dans une flaque de ruelle
mais c’est impossible je ne sors pas aux petites heures du matin
je ne bois plus de whisky depuis des années
je fume avec retenue je tousse parfois
je n’arrive pas à chuter
je n’arrive pas à tomber dans une sublime névrose d’eau sale
qui me ferait écrire qu’un jour je serai heureuse

j’aimerais bien me prendre les pieds dans l’infâme beauté
du décor changeant d’un skyscraper quand il tombe vers le ciel
en haut délire de cris stridents

mais non
je suis machine efficace
soleil bélier lune en force de sagittaire
je suis protéines vitamine A et B12
bétonnée de vie à la souplesse des chats
et puis je m’emmerde dans mon bonheur

un jour je chuterai
vite et avec impatience
dans une misère trop belle pour avoir le temps de l’écrire

1 Comments:

Anonymous Anonyme a écrit...

Très fort, j'aime beaucoup.
Je comprends que l'on veuille s'accrocher à votre col, cygne noir, et s'envoler.
Je passerai par ici plus souvent.

9.7.05  

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