24.7.05

franc

en tes yeux francs si ce n'était pas des murs
érigés contre le geste contre le jour
nous eûmes étés seuls au monde
et encore peut-être seuls et point de monde peut-être
aurions-nous dit
mais que savions-nous de nous
que toi
que moi

n'eut été de cette maladie de vivre
ce lieu douloureux que nous puisions en nos bouches
cette absence au monde que j'aimais tant
que j'en oubliais ta folie
abandonné nu comme un con
dans la cendre de tes doigts
coincé en tes poussières inachevées
que tu laissais traîner partout en mes yeux
n'eut été de toi et bordel où es-tu
quand 1h du matin sonne par hasard
debout dans mes urgences trop tard trop tard
et que pas de musique pas de lumière pas de nuit
la vie est si crottée
que tu brilles encore comme une étoile

adieu l'ami le seul
je pars vers d'autres haines
de beaux gouffres qui se suivent
comme des tours effondrées
tous pareils dans leur fierté de sourds
je pars en avion de guerre pour je ne sais où
je trouverai bien une mort tenace
qui me résistera
contre laquelle me battre jusqu'à la fin
je pars j'y vais les yeux noirs
encore à défaut de t'aimer