poisson d'avril
Vendredi
nous avons mangé du poisson
bu l’océan avec
jusqu’à ce que ma peine s’y confonde
avec l’eau, le sel et l’amertume
il y avait Marc, tout près de moi
qui me parlait gesticulait s'emportait
avec ses yeux ses mains ses humeurs
me parlait de musique
de forme, tu comprends
de sublime d’urgence de dangers
Marc qui me parle encore
même s’il n’est plus là
Il y avait Mabel
aux yeux de porcelaine
toute la Chine et ses chinois
riant avec elle
quand ses yeux éclataient
en rires fous
en joies soudaines et bondissantes
il y avait Yvette, mon amie de toujours
qui faisait tourner toutes les têtes
leur souriait gentiment
sans savoir
perdue dans ses Afriques ses peuples d’Amérique
ses géopolitiques
Yvette aux yeux de Terre
il y avait Jean
celui qui me ressemble
celui que personne ne connaît
que personne n’approche
dans ses profondeurs
mais moi
quand il arrive
je redeviens
une enfant
et lui, mon frère
mon enfance mon sang
je le vois sourire
en dedans
comme au temps des cailloux
des petits soldats de plomb
il y avait Philippe, notre parisien préféré
qui nous menaçait tous
bande de jeunes cons
de se mettre
à poil sur la table
un doigt dans le nez
l’autre on ne sait où
si on ne lui servait pas du vin français
putain d'bordel de merde
Philippe le one-man-show
Philippe le cœur et la panse si vastes
assez vastes pour contenir
tout le vin
et toutes les larmes du monde entier
celles des autres
et les siennes
il y avait Francis
mon chêne ma force tranquille
l’âme plus vieille que l’âme des hommes
celui qu’on ne voit pas, qu’on ne remarque pas
qui lui voit tout
qui n’a pas besoin de courir
pour voir le monde
car ses racines vont jusqu’à la mer
d’où il vient
en quelque sorte
Vendredi
ceux-là
et bien d’autres
et moi
avons mangé du poisson
c’était le premier jour d’avril
le premier jour de ma vie
encore une fois
nous avons mangé du poisson
bu l’océan avec
jusqu’à ce que ma peine s’y confonde
avec l’eau, le sel et l’amertume
il y avait Marc, tout près de moi
qui me parlait gesticulait s'emportait
avec ses yeux ses mains ses humeurs
me parlait de musique
de forme, tu comprends
de sublime d’urgence de dangers
Marc qui me parle encore
même s’il n’est plus là
Il y avait Mabel
aux yeux de porcelaine
toute la Chine et ses chinois
riant avec elle
quand ses yeux éclataient
en rires fous
en joies soudaines et bondissantes
il y avait Yvette, mon amie de toujours
qui faisait tourner toutes les têtes
leur souriait gentiment
sans savoir
perdue dans ses Afriques ses peuples d’Amérique
ses géopolitiques
Yvette aux yeux de Terre
il y avait Jean
celui qui me ressemble
celui que personne ne connaît
que personne n’approche
dans ses profondeurs
mais moi
quand il arrive
je redeviens
une enfant
et lui, mon frère
mon enfance mon sang
je le vois sourire
en dedans
comme au temps des cailloux
des petits soldats de plomb
il y avait Philippe, notre parisien préféré
qui nous menaçait tous
bande de jeunes cons
de se mettre
à poil sur la table
un doigt dans le nez
l’autre on ne sait où
si on ne lui servait pas du vin français
putain d'bordel de merde
Philippe le one-man-show
Philippe le cœur et la panse si vastes
assez vastes pour contenir
tout le vin
et toutes les larmes du monde entier
celles des autres
et les siennes
il y avait Francis
mon chêne ma force tranquille
l’âme plus vieille que l’âme des hommes
celui qu’on ne voit pas, qu’on ne remarque pas
qui lui voit tout
qui n’a pas besoin de courir
pour voir le monde
car ses racines vont jusqu’à la mer
d’où il vient
en quelque sorte
Vendredi
ceux-là
et bien d’autres
et moi
avons mangé du poisson
c’était le premier jour d’avril
le premier jour de ma vie
encore une fois

2 Comments:
Il est absolument magnifique ce texte. Merci encore une fois, Marie.
merci à toi!
et merci surtout à mes fabuleux amis sur qui je pourrais écrire des pages et des pages et des pages
;)
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