23.11.04

un doux soir d'août en revenant du bonheur une bouteille de vin dans un sac

dans tes yeux la vérité est si immensément

qu'elle dégage les lourds débris d'hiver
en l'espace
d'un regard tout respire netteté
parce que nus parce que simples
tes yeux de nuit noire
tes yeux de long sommeil

peau de refuge
on se construit une maison
à bras le corps
épaules emmêlées
construction organique
paupières soumises au sommeil au bonheur
quand dehors le monde a peur
sous un ciel en colère

tu me lies à l'air libre
tu m'enveloppes légère
nue encore enfant
sous mes années de misère

tendre ami des espoirs jeunes
des étés neufs
de découverte
raconte-moi encore
comment est né le monde
il y a quelques années-lumières
quand tu m'as vu rire
pour la première fois