18.10.04

un deux

s’il n’y a pas d’autre façon
avant de devenir poussière d’amertume
oublieux
que de nous prendre entiers dans un souffle
sans même songer à ne pas se perdre
sans douter de la chute
de l’interminabilité de la chute
abandon total en ce que nous sommes

s’il y avait d’autres façons
je choisirais celle-là

tu sais que je reviendrai toujours
que jamais plus tu ne pourras prononcer ce mot
jamais
jamais plus prononcer ce mot
sans mourir

jusqu’à cette pulvérisation de vie
cette séparation d’être
cet adieu irréparable
qui nous unira
nous rêverons côte à côte

s’il y avait d’autres morts
je choisirais celle-là