2.10.04

sept vies

à l'absent
ses poèmes de presque rien
écrits sur nos trottoirs
aujourd'hui lavés par la pluie
par le jour neuf


comme l'écho tarde
arrive à tout hasard
lame fine précise au ventre
mes yeux mes sens le ciel inondés
par le douceâtre souvenir de toi
ce que tu as été
à jamais inconnu
absent aux mille coeurs
donnés sans jamais rien demander
secret compagnon d'infortune
pour la première fois je t'écris
parce que tu n'es plus là
sur les trottoirs à mon bras
et notre longue conversation tacite
sans fin
sans question
sans besoin de parler
rire de tout envers et contre tous

pour la première fois je t'écris
parce que tu n'es pas là
comme depuis toujours
et que nous n'écrirons plus nos poèmes enfantins
dans la bouche des passants
dans les flaques de pluie neuve
dans nos rires entendus
dans nos nuits silencieuses
enfants de jamais
amants siamois
jamais nous n'avons goûté le sel de notre enchevêtrement
et nos corps
si parfaitement intactes
ont tout donné

tu es autre
j'aurais aimé te connaître
mais toute une vie n'a pas suffit