8.10.04

mourir à nouveau

où aller quand la solitude ne libère plus le geste
les pas ancrés dans le doute
la main résignée
le souffle rare
qu'on voudrait ne plus entendre

où aller lorsqu'il n'y a plus d'ailleurs
lorsqu'on réalise qu'on ne se sauvera pas de soi-même
que partir n'est possible qu'en fermant les yeux

où aller quand les rêves se taisent
gardent pour eux les espoirs les réponses
que la nuit est si blanche qu'on n'y voit plus rien

que sommes-nous
petite vermine brève
microbes opiniâtres
aux minuscules drapeaux illisibles
barbouillés raturés corrigés
confus jusqu'à notre dernier soupir

la vie est bien trop courte pour démêler tout ça

ouvrir les portes les coeurs les veines
décharger la lucidité bruyante partout
comment faire
pour qui pourquoi

nous ne savons rien
nous parlons trop