8.10.04

les murs anglophones

comment faire la révolution
s'il n'y a pas d'ennemi
peut-être nous trompons-nous
peut-être notre bonheur est seulement insupportable
peut-être faut-il se forger un malheur factice
fabriquer des meurtiers terribles et monstrueux
des murs souriants qui avancent sur nous

petit peuple
nous dormons, tranquilles, gentils
l'ennemi n'est pas si laid, si méchant
l'ennemi c'est nous-mêmes
notre incapacité à nous affirmer
à prendre notre place
par peur d'être vus comme semeurs de zizanie
par peur de choquer
qu'on nous broute gentiment la laine sur le dos
nous disons Merci
nous nous excusons

peuple de tolérance nous sommes oui
la colère ne nous a pas encore encerclé
n'a pas encore tracé nos limites
quelques petits enragés ça et là n'ont pas tort ni raison
ouvrent les oreilles de ceux qui dorment
réveillent en eux une opinion
un goût de défendre des idées
les leurs

on est tous le con de quelqu'un

3 Comments:

Blogger Lagreff a écrit...

Ta réponse transcende la question... et la controverse.

9.10.04  
Blogger Daniel Rondeau a écrit...

et quelle réponse!
On est tous le con de quelqu'un, mais on est trop souvent notre propre con.

9.10.04  
Blogger marie deschênes a écrit...

je ne nierai jamais la nécessité de la révolution
même si, somme toute, cela reste assez absurde
l'action rend la vie moins vaine

mais bon, qui a tord qui a raison?

brassens savait tout ça, lui...

9.10.04  

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