25.8.04

amertume enclume

un mal de coeur comme un fond de puits désséché

rien ne me fait peur

les précieux les capricieux
les gros égos en parade
les affreux les ignards
pas même les miroirs

les matins de solitude
les lendemains
les ans passés
la vieillesse

pas même toi
qui t'inquiètes de vivre

rien ne me fait peur
rien ne me lasse
plus l'air est lourd
plus j'avance vite

quand la peur s'approche
trop près de moi
elle chavire
lumineuse
me crie mon nom
et ma colère devient
euphorique

mes mains des oiseaux rapaces
mes mots de la dynamite
mon centre le centre du monde
je deviens grosse machine efficace
blindée de volonté
je nage sans peine dans le béton armé

mes épaules endorment le monde
ma voix lui valse l'espoir
de démolition reconstruction
de grues qui touchent le ciel
de rhétoriques implacables
architectures sans forme
libres

peuple d'inquiets
vous qui bâtissez votre mort
la main leste
l'oeil cerné
venez rêver l'horizon
contre mon sein
blottis