19.6.04

extrait d'un abandon

j’aimerais t’écrire de longues lettres lentes et symétriques, truffées de mots comme désarroi
solitude éternelle beauté triste et bizarre
déchirée, désespérée et libre
sang ancien souillé et sombre
outrage incendiaire, millénaire de chair miroitante
mais hélas quoique doute regard
penchée cœur main effleure
fureur! Jamais plus Rien Non! désormais...
innocence pulsion brusquement bouche
douceâtre fenêtre Bleu, clair-obscur
ouragan pulsationnel... Absolue splendeur Contrées éparses
ou abysse

Hélas

désordres animés petites clartés abruptes qui se dérobent même à moi, dans leur excès de pudeur, je n'ai pas le temps d'y mettre de l'ordre qu'elles s'effarouchent...
je les abandonne, comme elles, moi
c'est cette chose en moi qui les trouble, cette longue chose belle, sans nom

[...]

minuscule point métal solide et dense
succione le chemin avale le lieu y laisse le miroir... ou l'envers, qui sait?
irrésistible petite bête indéchiffrable : elle contient tout ce que je sais de la vie en moins d'un millimètre-seconde, à peine visible pour le commun des morts-vivants
inexorablement, elle me pousse
me traîne
m'enlève et me soulève
me vertige m'ennivre
me vide de mon sang m'en remplit à nouveau

petit point rouge qui résiste et persiste entre toi et moi
infime battement qui a une fin mais qui n'a pas de but

où va-t-on l'un sans l'autre à nous regarder ainsi?